Je suis tombée sur un reel de refresh matinal et j’ai eu un déclic immédiat. Pendant des années, j’avais traité mes cheveux ondulés soit comme des cheveux lisses à discipliner, soit comme des boucles à charger de produits. Les deux approches donnaient le même résultat : des ondulations molles le soir, un cuir chevelu gras dès le lendemain, et un scrunch qui ne servait à rien. L’ondulé, c’est un type de cheveu avec sa propre logique, ses propres besoins, ses propres règles de séchage. Comprendre ça change tout.
Pas le temps ? Lis juste ça
- Applique tes produits sur cheveux très humides, pas juste mouillés.
- Laisse sécher sans toucher pour préserver chaque ondulation formée.
- Casse le cast en scunchant seulement quand les cheveux sont secs.
- Évite la glycérine quand le point de rosée dépasse seize degrés.
- Lave tes cheveux ondulés une à deux fois par semaine maximum.
L’ondulé, cet entre-deux incompris
Les cheveux ondulés sont les grands oubliés de la classification capillaire. Trop bouclés pour les routines lisses, pas assez pour les routines curly, ils tombent dans un vide que la plupart des marques ignorent. Pourtant, ils ont leurs propres règles, et une routine cheveux ondulés bien pensée change vraiment la donne.
Dans la classification d’André Walker, ils forment le type 2, découpé en trois sous-types. Le 2A dessine un S ouvert et léger. Le 2B creuse un S plus serré, c’est le plus courant. Le 2C frôle le bouclé, avec des spirales qui commencent à pointer. Les miens sont 2B, et pendant des années je les ai traités comme des cheveux lisses. Grosse erreur.
Le paradoxe le plus fréquent : le cuir chevelu graisse vite pendant que les pointes tirent vers le sec. La forme en S ralentit la descente du sébum le long de la tige, il s’accumule en racines sans jamais atteindre les longueurs. Laver 1 à 2 fois par semaine suffit dans la plupart des cas, plutôt que de sur-laver et accentuer le déséquilibre.
La nature des cheveux peut aussi évoluer. Grossesse, adolescence, ménopause… les miens sont devenus nettement plus ondulés après mes 25 ans. Si tu te reconnais là-dedans, tu n’es pas seule.
La routine pas à pas (jour de shampoing)
« Mes cheveux sont beaux le jour du shampoing mais raplapla le lendemain. » Je l’ai vécue pendant des années. Ce que j’ai compris depuis : le problème n’est presque jamais le produit. C’est la technique. Tout commence par l’ordre des étapes, sans improvisation.
La règle qui change tout dans une routine cheveux ondulés : les produits se posent sur cheveux bien humides, et ensuite on ne touche plus rien jusqu’au séchage complet. Chaque fois qu’on tripote, on défait le motif.
Le démêlage et le lavage
Avant même de penser au shampoing, je démêle sous la douche, cheveux déjà mouillés. Doigts d’abord, puis peigne à dents larges si besoin. À sec, c’est non : ça explose les frisottis et le motif ondulé part en fumée.
Pour le lavage, ça dépend de ton profil. En 2A avec des racines peu grasses, le co-wash suffit certaines semaines. Pour les racines qui graissent vite, un low-poo aux sulfates doux nettoie sans agresser les longueurs.
L’application des soins et du coiffant
Cheveux rincés mais encore bien gorgés d’eau, je dépose un leave-in léger sur les longueurs en scunchant de bas en haut. Les racines n’en ont pas besoin. Les Secrets de Loly Perfect Match fait ça très bien, autour de 14 € les 200 ml.
Vient ensuite la gelée coiffante. La Kurl Potion (Les Secrets de Loly, environ 16 €) ou la Curl N’Go d’In Haircare (autour de 18 €) fonctionnent très bien. La méthode double gelée : une première couche sur cheveux très humides, une deuxième quand ils sont légèrement moins gorgés, pour une tenue de deux à trois jours. Moins c’est plus.
Le séchage : plopping, diffuseur ou air libre
La serviette éponge classique frotte et défait tout. À la place, une serviette microfibre ou un vieux t-shirt en coton : on dépose les cheveux dedans, on noue, on laisse 15 à 20 minutes. C’est le plopping, et ça change la donne pour les racines qui décollent.
Ensuite : diffuseur à air tiède ou froid, tête en bas, pour un résultat rapide. Air libre si tu as le temps, pour des ondulations plus naturelles. Dans les deux cas, on ne touche pas pendant le séchage. Quand les cheveux sont complètement secs, on scrunch : ce petit bruit quand le cast se casse, c’est le signal que ça a marché.
Voici les 6 étapes dans l’ordre pour ne rien oublier :
- Démêler sous l’eau, doigts ou peigne à dents larges, jamais à sec.
- Laver avec un co-wash ou un low-poo selon tes racines.
- Rincer abondamment, laisser les cheveux bien humides.
- Déposer le leave-in sur les longueurs en scunchant de bas en haut.
- Appliquer la gelée en une ou deux couches, sans surcharger.
- Faire un plopping avec une serviette microfibre, puis sécher sans toucher et scrunch à sec.
Le refresh du 2ème jour (sans tout relaver)
Le lendemain matin, tes ondulations ont survécu mais elles ont un peu souffert. Pas besoin de tout relaver : un bon refresh prend cinq minutes chrono. Je vaporise une brume d’eau légère sur les longueurs, juste assez pour que le cheveu soit humide sans dégouliner. Ensuite je réchauffe une micro-dose de gelée entre mes paumes et je la dépose sur les longueurs.
Le geste qui change tout, c’est le scrunch : je penche la tête en avant et je presse les longueurs de bas en haut, doucement, plusieurs fois. Les ondulations se reforment presque toutes seules. Je laisse sécher à l’air libre ou je passe le diffuseur deux minutes à basse chaleur si je suis pressée.
Ce qui est rassurant, c’est que si ton séchage initial était vraiment bien fait, une gelée coiffante peut tenir jusqu’à 2-3 jours. Le refresh ne fait que réveiller ce qui est déjà là, pas tout reconstruire. Une petite astuce en plus : dormir avec les cheveux en ananas (chignon haut lâche) préserve le motif et rend le refresh du matin beaucoup plus rapide.
La CGM : à adapter, pas à suivre à la lettre
La Curly Girl Method, c’est la méthode de Lorraine Massey, née de son livre Curl Power paru en 2001 et traduit en français en 2015. Le principe : bannir les sulfates agressifs, les silicones non solubles et les alcools desséchants pour laisser les boucles exister. C’est une base solide, et elle a changé la vie de beaucoup de bouclées.
Mais pour les ondulées, surtout les 2A, la Curly Girl Method appliquée à la lettre peut faire l’effet inverse. Les co-washs s’accumulent, les cheveux deviennent lourds, les ondulations s’aplatissent. J’ai vécu ça pendant deux mois en cherchant des sulfates sur chaque étiquette comme si c’était une liste de suspects. (Oui, même sur mon gel douche, par réflexe.)
Les sulfates légers comme le sodium lauryl sulfoacétate et les silicones solubles sont souvent très bien tolérés par les cheveux ondulés. Ils nettoient sans agresser et ne laissent pas de résidus. La Curly Girl Method reste une bonne boussole, mais ce n’est pas un dogme. Tester, observer, ajuster : c’est ça qui marche vraiment sur cheveux ondulés.
Racines plates et frisottis : les deux galères
« Quand mes cheveux sont secs mes racines sont plutôt mousseuses, plates et toujours sans boucles. » Ce verbatim de forum, je l’ai lu une dizaine de fois, et je l’ai vécu. Ces deux galères reviennent sans arrêt chez les ondulées, et elles ont des causes très concrètes.
Racines plates : pourquoi et comment y remédier
Le poids des longueurs tire les racines vers le bas pendant le séchage. Les frottements nocturnes contre l’oreiller aggravent le problème, tout comme l’oubli d’appliquer le coiffant jusqu’au cuir chevelu.
Le plopping change vraiment la donne. En déposant les cheveux dans un t-shirt microfibre tête en avant, les racines se décollent et sèchent avec du volume. Un bonnet satin la nuit protège le motif sans écraser. Une coupe dégradée enlève du poids en longueur et laisse les racines bouclotter librement.
Frisottis : les vrais coupables
La serviette éponge frotte la cuticule et installe les frisottis avant même que les cheveux soient secs. La glycérine pose aussi problème : elle attire trop d’eau quand le point de rosée dépasse 16 °C et fait gonfler le cheveu. Elle fonctionne bien entre 2 et 16 °C ; au-delà, une option sans glycérine comme le Bouclème Seal + Shield évite ce piège.
5 réflexes anti-frisottis à adopter :
- Scrunch avec un t-shirt coton ou une serviette microfibre, sans frotter.
- Démêler uniquement sur cheveux humides, avec les doigts ou un peigne à dents larges.
- Dormir avec un bonnet satin pour limiter les frictions nocturnes.
- Vérifier le point de rosée avant d’utiliser un produit à base de glycérine.
- Laisser sécher complètement avant de toucher les cheveux.
Un micro-spray d’eau froide sur les frisottis rebelles au réveil, suivi d’un scrunch doux de bas en haut, les remet en place sans tout relaver.
Météo et fréquence : les deux variables oubliées
La glycérine, on en a déjà parlé côté frisottis, mais elle mérite un focus météo. Elle fonctionne bien quand le point de rosée se situe entre 2 et 16 °C. Au-delà, par temps lourd et humide, elle pompe l’eau de l’air et gonfle le cheveu comme une éponge. Si tu vis une période caniculaire et moite, le Bouclème Seal + Shield (sans glycérine) est une alternative qui tient sans alourdir le cuir chevelu ni faire exploser les longueurs.
Sur la fréquence, les avis divergent un peu : JIA Paris conseille 1 à 2 lavages par semaine, Oz Beauties parle plutôt de tous les 3 à 4 jours. Moi, je suis sur un rythme de deux fois par semaine et ça me convient. Ce qui est sûr, c’est que laver plus souvent ne résout pas le paradoxe racines grasses et pointes sèches. Ça décape le cuir chevelu, qui compense en produisant encore plus de sébum.
Couper les pointes tous les 6 mois, ça change vraiment la donne pour des ondulations bien définies. Les fourches alourdissent les longueurs et cassent le motif en S. Une petite coupe régulière, et les ondulations reprennent de la légèreté.
Ce que tu veux savoir sur la routine cheveux ondulés (et que personne n’explique clairement)
Quelle est la fréquence de lavage idéale pour des cheveux ondulés ?
Une à deux fois par semaine est la fréquence qui revient le plus souvent chez les coiffeurs spécialisés. Laver plus souvent aggrave le déséquilibre classique des ondulés : cuir chevelu qui regresse vite, pointes qui s’assèchent encore plus.
La méthode Curly Girl est-elle vraiment adaptée aux cheveux ondulés ?
La CGM, publiée par Lorraine Massey en 2001, est une bonne base mais pas une règle absolue. Les cheveux 2A tolèrent souvent les sulfates légers et les silicones solubles. Suivre la méthode trop strictement alourdit et aplatit les ondulations au lieu de les définir.
Pourquoi mes cheveux ondulés sont beaux le jour du shampoing mais raplapla le lendemain ?
Les frottements nocturnes et le poids des longueurs écrasent les ondulations pendant la nuit. Dormir en ananas et passer au bonnet satin limite les dégâts. Un refresh rapide avec brume d’eau et micro-dose de gelée remet les ondulations en place en quelques minutes.
Faut-il de la glycérine dans mes produits quand il fait humide dehors ?
Non. La glycérine fonctionne bien entre deux et seize degrés de point de rosée. Au-delà, elle attire trop d’eau, gonfle le cheveu et provoque des frisottis. Par temps humide, préfère une gelée sans glycérine, comme le Bouclème Seal plus Shield.
Comment éviter l’effet carton quand j’utilise une gelée sur mes ondulations ?
L’effet carton n’est pas un problème à éviter : c’est un film protecteur normal. Il suffit de scrunch une seule fois, cheveux complètement secs, pour le casser et retrouver des ondulations souples. Scrunch trop tôt, et les ondulations s’effacent.